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Problématique, contexte et enjeux


Pendant des lustres, nous avons puisé nos matières premières au sein du monde vivant. Nos anciens vous le diront : bois, textiles, colorants, savons... avaient la même origine, végétale ou animale, et se trouvaient naturellement biodégradables. Beaucoup de leurs déchets étaient d'ailleurs recyclés. Les résidus étaient soigneusement recueillis puisqu'ils constituaient à l'époque l'une des rares ressource d'éléments fertilisants disponibles pour l'agriculture. La population vivait alors en grande partie dispersée, et les déchets produits, pour la plupart assimilables et biocompatibles, se trouvaient rapidement absorbés par la Nature ou encore dilués, pour ceux rejetés à l'atmosphère et dans les cours d'eau.

Evidemment, le contexte est aujourd'hui différent : nous avons modifié nos habitudes, la population n'a cessé de croître, mais la superficie de l'île n'a pas changé. La densité d'habitants au km² de la Martinique (environ 346 hab/km² en 1999) est l'une des plus élevée au monde.

Dès lors, les concentrations sociales, l'intensification des activités industrielles, l'utilisation de nouveaux produits consommables - matériaux plastiques, électronique, activités de soins, détergents ménagers, produits plus élaborés mais jetables après usage - ont complètement modifié la gestion des déchets et des ressources. Les résidus s'accumulent, et même lorsqu'ils sont biodégradables, ils sont rejetés en quantités telles que les mécanismes naturels de résorption, métabolisation et fermentation sont profondément perturbés, voire saturés ou détruits. C'est ainsi que les pollutions par déchets ont pris, de nos jours, une importance inquiétante.

La gestion de l'énergie est tout aussi problématique. Qui, de nos jours, peut se passer d'électricité ? Qui, de nos jours, ne succombe à l'aspect pratique que présente l'usage quotidien d'une voiture ?

Pourtant ce geste, devenu banal, d'actionner un interrupteur ou un démarreur n'a pas seulement d'effet que sur nos factures : pour satisfaire sa demande énergétique, la Martinique dépend à 97% des importations d'hydrocarbures.

Doit-on alors sacrifier le développement économique sur l'autel de la protection de l'Environnement ? Bien sûr que non. Mais le pari qui s'impose à nous, tous, est de concilier ce qui peut paraître inconciliable.

Dans ce but, la Collectivité Régionale mène depuis quelques années une politique ambitieuse pour amener le pays sur la voie d'un développement durable et solidaire.



Les actions régionales

Pour financer ses actions, le Conseil Régional a débloqué en 2003 un budget de 9 744 241 € (63 918 034 F). Ces investissements appellent en outre un soutien budgétaire de l'Etat et de la Communauté Européenne.

Au sein de l'institution, en étroite collaboration avec les autres services régionaux, le Service de l'Environnement et du Développement Energétique (SEDE) est en amont, sous l'autorité de la Commission de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement et de la Rechercher (CATER), chargé d'élaborer et de soumettre un programme de développement durable et solidaire aux élus ; en aval, il applique les décisions approuvées par l'exécutif.

Pour conduire cette politique, la Région développe des partenariats avec, notamment, l'Agence Départementale pour l'Environnement et la Maîtrise de l'Energie (ADEME) et EDF.

La politique régionale en matière d'Environnement s'articule principalement autour de quatre axes :

1 Les déchets

1-1 - Programme Régional de Maîtrise des Déchets (PRMD)

La Région a signé en 2000, avec l'ADEME, un accord cadre pluriannuel (2000-2006) l'engageant dans le financement d'équipements et d'actions liées à la gestion des déchets. Ceta accord a donné naissance au Programme régional de Maîtrise des déchets (PRMD).

Nous avons dès lors financé et participé à la mise en place d'équipements et de filières parmi lesquels :

- la mise en place du tri sélectif de la CACEM
- la
mise en place du tri sélectif de la CCNM
- la réhabilitation des décharges (Basse-Pointe, Saint-Pierre, Sainte-Luce, Trinité, Vauclin, François, Fort-de-France)
- l'incinérateur de Fort-de-France
- le Centre de Valorisation Organique du Robert,
- les déchèteries du Vauclin et du Robert
- les filières d'élimination des VHU, boues, piles, déchets d'activité de soins, déchets verts, déchets fermentiscibles...

Des actions de sensibilisation ont aussi été menées ou soutenues :

- un guide pédagogique, "Le Mystère de la Jarre d'Or", élaboré pour les élèves de CE2, CM1, CM2 ;
- une exposition itinérante dans les écoles primaires,
- des campagnes de communication de toutes les communautés de communes ou syndicats mixtes (CACEM, CCNM, CESM, SMITOM)

Ainsi, près de 14 M€ (91 MF) ont été engagés par la Région sur les seules quatre dernières années, faisant de la Martinique l’une des « région d’outre-mer » la plus avancée dans la gestion de ces déchets.


1-2 - Traitement et valorisation des véhicules hors d’usage

Dès 1997, une étude estimait le flux annuel de VHU à 15 000, avec une projection de 20 000 d’ici à 2010. Devant les difficultés rencontrées pour la mise en place d’un partenariat permettant la mise en place d’une filière d’élimination, la Région a décidé d’en assurer, seule, la maîtrise d’ouvrage.

La solution proposée est explicitée dans le dossier de consultation des entreprises approuvé par l’assemblée plénière du 11 avril 2000. Le marché a été attribué, dans sa totalité pour les trois lots Nord, Centre et Sud, en séance plénière du 17 avril 2001 à l’entreprise Antilles Propreté avec deux sous-traitants : Centrale Cass’ Auto et Métaldom.

La réalisation effective connut pourtant quelques problèmes principalement liés d’une part aux difficultés financières rencontrées par la société Métaldom et, d’autre part, à l’inadéquation entre les capacités de stockage in situ et la fréquence d’évacuation des carcasses compactées.


Ces dernières sont en effet exportées par bateau, sur une moyenne de 2 fois par an, condamnant, de facto, les prestataires à limiter leurs enlèvements en fonction de leur capacité de stockage.

A ce jour, malgré toutes ces difficultés, 4 528 VHU ont été éliminés pour un budget total de 673 870 €.


2 – L’Energie

La Martinique dépend à 97% des importations d'hydrocarbures pour satisfaire sa demande énergétique. Cette dépendance pesant lourdement sur notre économie, l'action régionale est orientée vers les deux axes majeurs que sont la maîtrise de la dépense énergétique et le développement des énergies renouvelables.
Dans le cas de la maîtrise de l'énergie, le Conseil Régional soutient des collectivités locales dans
leur rôle d'information, de sensibilisation et de conseil en finançant intégralement ou partiellement
les "Points Info Energie "…
Mais il intervient aussi dans la maîtrise de l'énergie dans l'habitat individuel et collectif (label ECODOM…).

L'institution Régionale est aussi un acteur majeur dans le développement de technologies pour la production d'énergie nettement moins polluantes : l'électrification et le chauffe-eau solaire, l'éolien et la géothermie. D'autres sources d'énergies renouvelables sont, pourtant, encore à explorer (la micro hydraulique, le biogaz, des carburants alternatifs…).


Géothermie

La Région a cofinancé 3 forages dans la plaine du Lamentin. Aucune source permettant une exploitation pour la production d’électricité n’a été détectée. Seul un puits à environ 90°C a été mis en évidence. Devant le constat du rapport résultats/investissement défavorable, la collectivité a demandé une étude sur les zones « Montagne Pelée » et « Diamant », cette dernière couvrant un périmètre allant du Diamant aux Trois-Ilets, en imposant l’utilisation de techniques ultra-modernes autorisant une exploration en surface (géochimie, géophysique, magnéto-tellurie etc.).

Cette étude a permis de circonscrire 2 zones précises présentant des indices élevés de présence de sources à haute température, soit plus de 200°C :

>
Anses d’Arlet (proximité de la source chaude)
> Montagne Pelée (proximité dôme sommital)


En vue de réalisation des forages d’exploration, plusieurs voies d’exploitation de ces résultats sont en cours d’analyse.



Eolien


Le développement de ces projets est articulé autour de 2 axes :

>
Optimiser le développement d’éoliennes permettant une adaptation aux contraintes de notre territoire (faible surface disponible) ;
> Amener les porteurs de projets à accepter une stratégie globale de développement sur le long terme en tenant compte des expériences menées par ailleurs.

Dans cet esprit, le nombre de projets présentés a connu une forte inflation sur ces derniers mois.

Parmi ceux-ci, celui de Morne Carrière est le plus avancé (==> Lire cette information - actualité du 16 octobre 2003). Sur ce projet, 4 éoliennes de 275kW chacune (innovation) seront installées sur un terrain à forte pente (innovation) permettant une bonne intégration dans le paysage.


Simulation paysagère des éoliennes de Morne Carrière - Vauclin

Les travaux n’ont débuté qu’en janvier 2004. Ils sont bien avancés à ce jour. Les premiers mâts seront montés en mars, pour une livraison prévue en avril.


Solaire

Le développement de l’énergie solaire a été constant dans les domaines du solaire thermique (chauffe-eau) et du photovoltaïque (électricité solaire).


 

Il est à noter que de nouvelles dispositions prises par l’Etat français sur les mesures de défiscalisation liées au développement du solaire relance complètement certains projets photovoltaïques de grande capacité et connectés au réseau.



3 – La préservation et la valorisation des espèces et espaces naturels

Le Conseil Régional conduit une politique en faveur de la préservation et de la valorisation des espaces et espèces naturels, en s’appuyant en particulier sur les orientations et les prescriptions prévues par le Schéma d’aménagement régional (SAR) et le Schéma de mise en valeur de la mer (SMVM), axée sur :
- la valorisation des sites naturels,
- la protection du littoral,
- l’aménagement raisonnée,
- protection des espèces animales et végétales rares.

La collectivité a ainsi développé un partenariat avec le Parc naturel régional de la Martinique (PNRM) l’Office national des forêts (ONF) , le Conservatoire du littoral et le Conservatoire botanique.

4 – L’ Eau

La Martinique consomme annuellement 40 millions de m3 d’eau pour son usage domestique, 15 millions de m3 d’eau pour son usage agricole et 8 millions de m3 pour son usage industriel.


Face au stress hydrique important en période de sécheresse, à la fragilité de la multiplicité des écosystèmes et aux contraintes dues à l’aménagement raisonné du territoire, au développement économique et agricole, le Conseil régional de Martinique s’est engagé, avec d’autres partenaires, dans différents programmes visant à protéger la ressource existante, mais aussi à rechercher et valoriser d’autres potentialités, tels :
- le SDAGE, pour lequel le Conseil régional a assuré la maîtrise d’ouvrage, et à partir duquel sont extraites des plaquettes de présentation afin de le rendre accessible au plus grand nombre ;
- une étude sur les eaux souterraines dans le but de répertorier, protéger et valoriser cette ressource.

 

Protéger l'Environnement en continuant à soutenir le développement économique du pays est donc une équation d'une étonnante complexité. Dès lors, tous les moyens déployés par la collectivité resteront vains si nous ne relayons pas cet effort dans notre vie quotidienne.

Service de l'Environnement et du Développement Energétique
Tél. 05 96 59 64 18
service.environnement@cr-martinique.fr